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  • Audrey Marty

Les célébrités et les animaux, des relations originales!

Mis à jour : juin 16



  • De tout temps, l'homme et l'animal ont entretenu des relations privilégiées. Les animaux servirent, tout d'abord, de gibiers pour nourrir les premiers hommes, certains furent, ensuite, domestiqués pour servir dans les tâches quotidiennes, pour finalement occuper une place importante dans les foyers actuels. Ils ont obtenu le statut d'êtres sensibles dont, la maltraitance, peut entraîner des poursuites judiciaires et des condamnations pénales. Parmi tous les animaux qui ont croisé le destin des hommes à des périodes historiques particulières, certains sont devenus des célébrités, à part entière. Ainsi, le guépard de Joséphine Baker, attirait le flash des photographes autant que sa fantasque maîtresse. Il en fut de même pour les nombreux chiens qui accompagnèrent, Winston Churchill, au cours de sa longue existence. En parcourant l'ouvrage de Marie-Hélène Baylac, l'Histoire des animaux célèbres, j'ai été frappé par tous ces animaux qui, ont su s'illustrer, au même titre, que les grands de ce monde. Je vous invite, donc, à découvrir la destinée atypique d'une partie d'entre eux.

    Des éléphants d'Hannibal, à la girafe de Charles X, des bichons d'Henri III, au perroquet royaliste Jacquot, jusqu'au lancement dans l'espace du chimpanzé Ham, voici un petit aperçu de la grande épopée des animaux célèbres, à travers la grande Histoire des hommes!


     Suivant l'ordre chronologique, permettez-moi de vous présenter Bucéphale, le fier destrier d'Alexandre le Grand. D'après les récits de Plutarque, le jeune Alexandre, alors âgé, d'à peine 13 ans, aurait, lui-même, apprivoisé ce pur-sang sauvage. Le prince avait découvert que le cheval avait peur de sa propre ombre. Ainsi, selon la hauteur du soleil dans le ciel, l'animal s'effrayait tout seul. Afin de pouvoir se hisser sur l'équidé apeuré, Alexandre positionna sa monture le dos au soleil pour qu'il ne puisse plus voir son ombre. La ruse du jeune monarque lui permit de dresser le pur-sang sauvage et d'en faire son plus fidèle compagnon. Bluffé par l'ingéniosité de son fils, le roi de Macédoine se montrait très enthousiaste pour l'avenir de son valeureux héritier. Et ce fut, avec Bucéphale qu'Alexandre accomplit ses plus grandes conquêtes, des abords de la Grèce aux confins de l'Inde. Par la suite, de nombreux artistes représentèrent Alexandre sur un cheval puissant et valeureux. De conquêtes en conquêtes, Bucéphale entra dans la légende. A l'instar de celui de son maître, son prénom résonne dans les mémoires comme ceux des plus grands héros de l'Antiquité.

     Parmi les animaux les plus valeureux, les éléphants d'Hannibal ont payé un cher tribu à leur maître. En effet, en 218 avant Jésus-Christ, 37 éléphants accompagnèrent les troupes armées du général carthaginois dans la conquête de Rome. Le grec Polybe a narré les exploits funestes de ce cortège hors-norme qui finira par se perdre dans les massifs tortueux et glacés des Alpes. Depuis Carthage, les pachydermes auraient franchi le Rhône en marchant sur le fond du fleuve. Puis, ils auraient entrepris un parcours périlleux dans la montagne. Une majeure parie d'entre eux péris dans les neiges, terrassés par le froid. Les quelques survivants furent décimés dans la plaine du Pô où les troupes romaines les attendaient lourdement armées. Une année après leur départ, il ne restait plus aucun de ces gigantesques soldats, morts pour une conquête folle, celle d'un guerrier qui pensait qu'aucune limite ne pourrait se dresser devant son ambition démesurée!


  • A la cour de France, les animaux ont également occupé une place importante auprès des monarques et de leurs proches. Parfois même, ils auraient pu changer le cours de l'Histoire si on leur avait accordés plus de crédit.

    S'il avait tenu compte des grognements d'un de ses bichons, la destinée funeste d'Henri III, aurait pu être différente. En effet, des témoignages racontent que lors de son assassinat, perpétré par le moine Jacques Clément, le 1 août 1589, Liline, l'un des trois bichons royaux aurait manifesté une certaine défiance, vis-à vis, de l'homme d'église. Il aurait aboyé, et grogné, à plusieurs reprises, avant que l'assassin ne se jette sur le pauvre roi, et ne le blesse mortellement d'un coup de couteau dans le ventre...

    Par la suite, ce ne furent pas des chiens, mais des chats, qui occupèrent les vastes appartements du Cardinal Richelieu. L'homme d'église était un des plus fervents admirateurs des félins, tant et si bien, qu'on raconte qu'il en aurait posséder une quinzaine. La légende veut que Richelieu, qui occupait avec zèle ses hautes fonctions de ministre, aurait reçu des ambassadeurs, et conclut de nombreuses affaires florissantes pour la gloire du royaume avec plusieurs de ses matous endormis sur ses genoux.

  •     Par jeu, Richelieu se plaisait à donner à ses chats des noms à la limite du blasphème. Ainsi, Soumise, Lucifer, ou encore Serpolet, ou Rubis, se prélassaient à la cour de Louis XIII, ronronnant sous les caresses de son éminence.

    Lorsque Louis XIV eut un animal domestique, les choses ne se déroulèrent pas dans la même plénitude. Puisqu'il était de roi soleil, rien n'était trop beau pour le divertir. Et tandis que le Cardinal Richelieu, se la jouait petit joueur avec sa dizaine de chats, le jeune roi, se vit offrir un lion ! Rien n'était trop beau pour le roi de France ! Il se devait de posséder le roi des animaux. Mais, la cohabitation des deux monarques fut de courte durée. Une nuit, le fauve sauta par la fenêtre. Épris de liberté, il avait voulu sortir, mais il était attaché, il fut retrouvé pendu à sa propre corde.


  • C'est peu de le dire, que les animaux et les têtes couronnées, n'ont pas toujours fait bon ménage, surtout lorsque vous êtes le propriétaire d'un perroquet royaliste, en pleine période révolutionnaire. Ce fut le cas du marquis Auguste de La Viefville qui fut arrêté avec sa fille et ses serviteurs sur une dénonciation du voisinage, car leur perroquet criait régulièrement " Vive le roi! "

    Alors en pleine période révolutionnaire, les dénonciations allaient bon train. Et, le 4 floréal de l'an II (23 avril 1794) le perroquet Jacquot et ses maîtres furent convoqués au tribunal révolutionnaire. Contre toute attente, le volatile resta muet, ce qui ne permit, pourtant pas, au marquis d'avoir la vie sauve. Il fut condamné et guillotiné. On ne sait ce qu'il advient du perroquet, certain raconte qu'il fut confié à un autre maître chargé de lui enseigner la bonne parole.

  •    Un autre animal sema le trouble dans tout le pays, mais, cette fois-ci le temps de la Révolution était passé et personne n'eut la tête coupé. Il s'agit d'une girafe, plus connue sous le nom de Zarafa, offerte au roi Charles X, par le vice-consul d'Égypte.

    Débarquée à Marseille, après un périlleux voyage en bateau, l'immense mammifère dut parcourir plus de 880 kilomètres à travers l'hexagone. A son passage, la foule des grands jours s'amassait dans les rues pour observer cet animal exotique encore inconnu des populations occidentales. Guidée par le naturaliste Geoffroy Saint-Hilaire, la jeune girafe était accompagnée de trois vaches pour lui fournir les 25 litres de lait dont elle avait besoin pour s'alimenter chaque jour.

    Au printemps 1827, les parisiens découvrirent cette belle girafe au long cou tacheté. Placée au Jardin des plantes, l'animal vécut plus de 21 ans, avant de s'éteindre en 1845. Le corps de l'animal a été conservé et figure parmi les collections du Muséum de Paris.



  • Vous l'aurez compris, les animaux et les hommes entretiennent des rapports très forts. Qu'ils soient à deux ou quatre pattes, nos amis les bêtes ont marqué de leurs empreintes, des époques très diverses. Ils ont participé, bien malgré eux, à de nombreux épisodes de l'histoire humaine. Ils ont parfois été entraîné dans des scénarii improbables.

     Ce fut le cas du pauvre âne Aliboron, qui s'est retrouvé mêlé à une bien étrange aventure. Le début du XX e siècle marque l'apogée d'artistes tels que Renoir ou Monet. Moqués à leur début, les peintres impressionnistes étaient parvenus à imposer leur nouveau style de peinture de plein air. Et tandis que ces grands artistes étaient auréolés de succès, un courant contestataire se manifestait, insidieusement, parmi une partie de la classe artistique parisienne. C'est alors que l'écrivain Roland Dorgelès, et ses amis de la butte Montmartre, entrèrent en scène. Espérant faire voler en éclat la suprématie des impressionnistes, dont ils ne partageaient pas les goûts artistiques, ils décidèrent de présenter leur propre création au Salon des Indépendants de Paris.

    Et c'est ainsi, qu'en 1910, sous le pseudonyme de Boronali, ils exposèrent une toile intitulée, " Le soleil endormit sur l'Adriatique ". Dès le lendemain, ils s'empressèrent de communiquer à la presse, photographies à l'appui, la véritable identité de l'auteur de cette oeuvre. Il s'agissait de l'âne lolo, qui appartenait au tenancier du cabaret le Lapin agile de Montmartre, à la queue duquel on avait pris soin d'attacher un pinceau. En agitant son popotin devant la toile le baudet était parvenu à réaliser un tableau impressionniste, preuve que les Renoir, Manet et comparses n'étaient, en réalité, que des barbouilleurs et des usurpateurs!

    Ce canular, orchestré de main de maître par Dorgelès, fit les gros titres de la presse de l'époque. Si l'on peut reconnaître à son auteur, une bonne dose d'humour, on peut, en revanche, douter de ses talents de visionnaire, puisque ce sont les peintres impressionnistes qui figurent, actuellement, parmi les artistes les plus chers et les plus populaires! On ne sait pas ce qu'il est advenu de l'âne impressionniste, ni s'il a participé, de près ou de loin, à la fameuse série des nymphéas de Claude Monet.

  • Parmi les premières grandes vedettes du XX e siècle, Joséphine Baker est, sans nul doute, l'une de celles qui a le plus marquée la presse people. Défrayant la chronique par ses numéros musicaux, elle a su attirer à elle les flashs des photographes en posant auprès d'un compagnon pour le moins original, un guépard prénommé Chiquita.

    Offert à danseuse vedette, le félin participait aux nombreuses sorties de sa maîtresse. Cocktails, soirées, cérémonies en tout genre, il l'accompagnait partout, se prélassant sur la banquette arrière de la Rolls-Royce de Miss Baker. Ses grandes tournées, sa vie mouvementée et les nombreuses adoptions d'enfants qu'elle fit ne lui permirent pas de garder cet animal de compagnie aussi câlin qu'il put l'être! Chiquita fut finalement confié à un Zoo, où il vécut plus de dix-sept années. Ce qui à l'époque, ne choquait personne, dans le fait d'associer une femme de couleur à un animal sauvage, tout deux originaires d'Afrique, peut, de nos jours, s'avérer assez réducteur, voire même raciste. Mais, cela s'inscrivait dans un contexte historique assez particulier.

     Si on l'analyse aujourd'hui, la célébrité de Joséphine Baker est né d'un paradoxe, assez déroutant. Considéré comme un gros désavantage dans une carrière de danseuse classique, la couleur de peau de Joséphine s'est finalement changé en atout dans le monde du cabaret. Les mises en scène nous dévoilant la danseuse affublée d'une ceinture de banane, répondait à une mode de l'époque pour tout ce qui était exotique. Rejetée dans les théâtres classiques, de part sa couleur, Joséphine Baker est parvenue à s'imposer dans les cabarets du fait de son originalité.

  •     En venant applaudir la belle danseuse, le public recherchait l'exotisme. Joséphine se plia donc aux attentes des spectateurs en jouant, à fond, la carte exotique, jusqu'à se caricaturer elle-même. La notoriété aidant, elle put se détacher du carcan dans lequel elle s'était enfermée. C'est peut-être pour cette raison, qu'elle finira par se séparer de Chiquita. Elle espérait, sans doute, s'éloigner du cliché de la femme noire de ces débuts pour n'être plus qu'une artiste de music-hall talentueuse, dont la couleur importe peu. Comme quoi, les animaux peuvent jouer un rôle dans l'évolution des moeurs!

      Je vous invite, à présent, de l'autre côté de la Manche pour vous présenter un grand amoureux des chiens. S'il est un personnage fort du XXe siècle sur la scène européenne, c'est bien le Premier ministre anglais, Winston Churchill. Impétueux, désinvolte et satirique, il pouvait également se montrait très anxieux et déprimé. Ce côté sombre de sa personnalité, le vieux lion britannique ne parvint jamais à s'en défaire. L'amour inconditionnel de sa femme Clémentine, ne put venir à bout de ces démons intérieurs, qui rongeaient Winston depuis l'enfance. Délaissé par ses parents, il dut apprendre à se construire seul, et restera en perpétuelle quête de reconnaissance, vis à vis, de son père. Cette dépression chronique, Churchill la surnommait lui même son black dog! Pour aller mieux, la meilleure thérapie s'était de s'installer dans son atelier, ou en plein air, face à une toile, avec des pinceaux et de la peinture entouré de ses fidèles compagnons à quatre pattes. Churchill aimait peindre, il réalisa plus de 500 tableaux de paysages et de nature morte. Les traits de sa physionomie ont amené beaucoup de caricaturistes à représenter Churchill sous les traits d'un bouledogue anglais.

     Bien qu'il ait été immortalisé sur une photographie, cigare aux lèvres, avec la mascotte du bureau du parti conservateur, un bon gros bouledogue, Winston ne posséda jamais ce genre de chien. Il appréciait la compagnie de ses caniches ou d'une race britannique, le terrier scottish. De nombreuses photographies intimes montrent Churchill avec ses enfants et ses chiens, l'un d'entre eux, Victory, devait lui rappelait combien il fut utile en temps de guerre pour son pays!





     L'Histoire des hommes et celle des animaux suivent donc des chemins parallèles extrêmement liés, parfois même indissociables. Sans évoquer le triste sort des rats de laboratoire, parmi les avancées scientifiques, les hommes ont pu dépasser les limites de leur propre planète grâce à l'intervention animale. Et s'il en est un qui a su s'illustrer, au-delà de ce que la science aurait pu espérer, c'est le chimpanzé Ham.





    Capturé bébé dans les forêts du Cameroun, Ham a grandi dans les laboratoires de la Nasa. Entrainé très jeune au maniement de certains appareils, le petit singe prit place, le 31 janvier 1961, dans une capsule en plexiglas, à bord d'une fusée. L'engin spatial fut envoyé à plus de 250 mètres d'altitude, et il parcourut seize minutes dans l'espace avant d'amerrir dans l'océan Pacifique. Contrairement à la chienne Laïka, mise sur orbite par les Soviétiques en 1858, Ham survit à cette expédition. Quatre mois après cet exploit, Alan Shepard devait se lancer, à son tour, et être le premier astronaute américain envoyé dans l'espace.


    A la suite de ce périple le chimpanzé Ham, put profiter d'une retraite bien méritée. Il s'éteindra à l'âge de 26 ans dans un zoo de Washington. Il a été enterré dans le musée de la Nasa au Nouveau-Mexique.

     Sans doute, aurait-il préféré grandir en pleine nature, auprès de ses congénères dans les forêts du Cameroun plutôt que de voir son nom figurer parmi les astronautes américains. Les hommes utilisent bien trop souvent les animaux à leurs dépens. Peut-être qu'un jour prochain, comme l'avait imaginé l'auteur français, Pierre Boule dans la Planète des singes, les animaux prendront le pouvoir.

  • Les animaux célèbres sont, sans doute, les meilleurs ambassadeurs que l'on puisse trouver pour montrer au monde, toute la grandeur, la force, et le courage de ses êtres sensibles, qui, eux-aussi, ont su marquer l'Histoire de l'humanité de leurs empreintes animales. Sans les autres espèces qui l'entourent, l'homme finira par s'éteindre, car il n'est qu'un maillon de la chaîne alimentaire.





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