Le saviez-vous? Ce que cachent les mots!


Aujourd'hui, j'ai choisi de vous parler du sens caché et de l'origine de certaines expressions de la langue française! Notre langue est belle et très riche, elle est plein de mystère et de jeux de mots. Je vous invite ici à faire un petit tour du côté de l'histoire de nos expressions. Vous en sortirez grandit et pourrait épater vos amis et collègues de bureau à la pause café!


" Tenir à quelque chose comme la prunelle de ses yeux "

La prunelle est une petite prune dont la taille et la couleur rappelle celle de la prunelle, dite aussi pupille de nos yeux.

Il va de soi que chacun d'entre nous tient à ses yeux, on tient donc à nos prunelles et par extension, quand on aime une personne, on y tient autant que nos prunelles.

Il y a aussi une version plus romantique, celle où la pupille/prunelle a le rôle d'un petit miroir car, elle reflète en petit l'image de celui que l'on regarde. Si l'on pouvait on garderait précieusement cette image.

Le regard est également considéré comme le reflet de l'âme alors, on garde jalousement une part de l'âme des êtres chers dans nos si précieuses prunelles!

Il existe d'autres expressions évoquant la valeur de nos yeux comme "ça coûte les yeux de la tête!"


"Merde, ça te portera chance"

Notre superstition nous influence toujours beaucoup. La peur de jouer de malchance nous pousse à faire des choses bien étrange. Il est de bon ton de dire "merde" à une personne pour lui porter chance car si on lui disait "bonne chance", ça causerait bien entendu tout le contraire! L'esprit des êtres humains est parfois bien difficile à cerner. Donc en toute logique, on a choisi le mot le plus à l'opposer à la chance et la bienveillance: le mot merde a donc eut notre préférence.

Je préfère néanmoins croire à une autre hypothèse celle associée à la "merde des chevaux". En effet, au XIX siècle, quand des spectacles avaient lieu, les spectateurs s'y rendaient généralement avec le mode de transport de l'époque, les calèches et autres fiacres tirés par la force des chevaux. Ainsi, plus il y avait de gens dans la salle, plus le nombre de chevaux augmentait et par la même le nombre de déjection chevaline. On souhaitait donc aux artistes en représentation de faire salle comble et donc qu'il y est beaucoup de merde devant le théâtre ou l'opéra en question. Ce que cela devait sentir bon l'odeur du succès!


"Tenir la chandelle"

Cette expression est née au XIX ème siècle alors que les maisons n'étaient pas encore éclairées par l'électricité. Il s'agissait en fait pour les pauvres domestiques des grandes maisons bourgeoises de venir éclairer leurs maîtres lorsque l'envie leurs en prenaient de se laisser tenter par des ébats nocturnes. Le domestique venait alors dans la chambre de ses maîtres pour tenir la chandelle. Bien entendu, le préposé à la lumière devait être de dos et de pas faire preuve d'une trop grande curiosité.

La lueur de la chandelle permettait aussi de vérifier la virginité de la jeune mariée lors de la nuit de noce et d'inspecter les draps pour y retrouver d'éventuelles traces de sang! La bonne foi de la future mariée ne pouvait pas attendre une inspection matinale. Et oui on ne badine pas avec l'amour! Maintenant si l'on vous propose de tenir la chandelle vous serait à quoi vous en tenir, surtout faire preuve de discrétion et savoir se faire oublier!


"Être le dindon de la farce"

Cette expression, somme toute anodine à plusieurs explications plus ou moins vraisemblables selon la date historique à laquelle on a vu apparaitre le dindon de la farce.

Ce dindon serait à l'origine le nom que l'on donnait au théâtre aux personnages d'hommes cocus, trompés ou arnaqués. La farce était le nom donné aux comédies qui divertissaient la cour entre les différents plats lors des banquets. Être le dindon de la farce c'était être le personnage abusé de la pièce de théâtre. Mais le nom dindon n'est apparu qu'au XVI siècle, bien plus tard que la création de ces farces lorsque l'animal en question a été découvert en Amérique et ramené en France.

Le dindon est un animal que l'on plume et que l'on élève pour finalement le manger, d'où ce parallèle avec l'expression être le dindon, être celui que l'on va berner.

Ce pauvre volatile a connu bien des souffrances à la fin du XVIII siècle dans un spectacle forain parisien, "le ballet des dindons". Ce spectacle, non loin des préoccupations actuelles de la défense des animaux, mettait en scène de vrais dindons suspendus au-dessus de plaques métalliques que l'on chauffait au fur et à mesure et qui faisait beaucoup rire les spectateurs. N'oublions pas que bien avant dans l'antiquité, les hommes appréciaient es jeux du cirque dans les arènes romaines. L'histoire est parfois un bis repetita permanent.


"Faire tintin"

Que peut bien avoir affaire ici notre bon vieil ami Tintin, grand reporter belge crée par le dessinateur Hergé? Et bien en fait, il n'a rien à voir dans cette affaire car il a vu le jour en 1929 alors que notre expression date du XIII ème siècle!

C'était une onomatopée associée au bruit du tintement des pièces de monnaie. Au XIV ème siècle, c'est devenu le nom d'un jeu d'argent où le perdant paye en pièce de monnaie qui tintent en se cognant. Ensuite, faire tintin signifiera payer une somme comptant, en monnaie sonnante et trébuchante. Son association avec l'expression actuelle reste un peu vague.

Faire preuve de malchance serait peut-être à associer avec le bruit que font les pièces de monnaie dans le portefeuille d'un autre que nous et que l'on entend sans pouvoir les avoir en notre possession? Ou est-ce le bruit qui annonce la fin d'un jeu, la fin d'un décompte et qu'on n'a pas eu le temps de jouer, on perd et tintin, le gong retenti, "game over" (partie finie)!


"Éclaire ma lanterne, je n'y comprends rien"

Vous en conviendrez, on y voit toujours mieux quand la lumière est allumée! La lumière fait aussi référence à la connaissance d'où, par extension, le nom du siècle des lumières pour désigner le XVIII ème siècle en France. Si l'on demande à quelqu'un d'éclaire notre lanterne, c'est pour qu'il nous éclaire de son savoir et nous aide à comprendre quelque chose de trop compliqué pour nous. Bref, demander à un plus intelligent que soi "pourquoi?"

L'explication pourrait s'arrêter là mais en fait, la lanterne ce n'est pas qu'une référence à la lumière c'est aussi à une invention datant du XVIIème siècle, ancêtre du cinématographe et que l'on utilisait beaucoup dans les foires. En effet, c'était un appareil de projection muni d'un système optique qui permettait de projeter sur un écran des images peintes sur verre, en les agrandissant. Cette lanterne fut le sujet d'une fable "Le singe qui montre la lanterne magique". Dans cette histoire, le singe décide de se servir de la lanterne de son maître pour épater ses amis animaux. Il les invite tous à voir ce spectacle grandiose mais rien ne se passe car il à oublier d'allumer la lanterne. Elle ne fonctionne pas et il devient la risée de tous ses amis! La morale est qu'il faut allumer, avoir la lanterne éclairée pour que les choses fonctionnent et ne pas passer pour un c..!


La morale de cette morale, c'est qu'il faut toujours être ouvert d'esprit. Il faut se dire que l'on ne sait jamais assez de chose. Même les petites expressions du quotidien ont des sens cachés et des définitions dont on ignore tout! Cette nuit on se couchera plus intelligent que la veille, rien que pour ça, ça vaut le coup d'aller au lit!


À bientôt pour d'autres aventures au pays de la langue de Molière!

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