James Dean, la fureur de vivre trop vite et de mourir trop jeune




C'est en découvrant une interview télévisée de l'auteur français, Philippe Besson, que j'ai eu envie de lire " Vivre vite" son dernier ouvrage. Il s'agit d'une biographie consacrée à la brève existence d'une des plus grandes légendes hollywoodiennes, James Dean. Ce livre, volontairement court, deux cents pages environ, est le reflet parfait de ce qu'a été la vie de ce jeune et bel acteur, mort à 24 ans, dans un stupide accident de voiture, alors qu'il roulait trop vite au volant de sa Porsche. Quelle existence peut-on véritablement avoir vécu en disparaissant brutalement si jeune? Et bien, on est condamné à vivre vite, intensément, furieusement, follement, impatiemment, confusément, on se cherche, on se perd, on n'a pas le temps de faire autrement alors on fonce et on finit par se planter.

Cette vie à cent à l'heure, comme une course-poursuite après le temps qui passe trop vite, Philippe Besson a choisi de nous la raconter en utilisant un mode de narration assez original. En effet, le livre est constitué de témoignages des proches de James Dean, que ça soit sa famille, son agent, ses amants, ses metteurs en scène...A la manière d'un documentaire, l'auteur retrace la vie de l'acteur de légende à travers ces monologues fictifs qu'il a lui-même imaginé. J'ai pu ensuite vérifier par moi-même, en consultant la biographie officielle de l'acteur, que l'essentiel des faits rapportés sont vrais. Il fait même intervenir James Dean, qui évoque lui-même certains passages de son existence. Ce qui rend le récit encore plus passionnant!

Il donne également la parole à la mère de James, Mildred, morte d'un cancer alors que son fils avait à peine 9 ans. Tout comme James, elle est morte assez jeune et elle n'a pas connu la carrière fulgurante de son fils. En trois films, il est devenu une légende. Aussitôt reconnu pour son talent, aussitôt disparu, emporté par son goût trop prononcé pour la vitesse. Les témoignages de la mère sont finalement les plus importants car, ils sont annonciateurs de la fin tragique de James Dean.

Nous sommes tous fait de ce que nous avons vécu enfant, nous portons en nous le poids des bagages plus ou moins lourds de notre passé. James avait cette blessure profonde d'avoir perdu sa mère trop tôt. Il s'est senti abandonné. Il n'était pas prêt pour vivre une existence équilibrée. Trop petit pour faire du sport, trop myope pour regarder les autres, trop fougueux pour rester amoureux longtemps, trop impatient pour faire des concessions, trop et pourtant jamais assez. Il avait un talent d'acteur fabuleux mais, il était inadapté pour la réalité.

Il n'a fait que trois films, n'a pas eu le temps de profiter de sa notoriété et pourtant, plus de cinquante ans après sa mort tragique en 1955, il est le personnage, avec Marilyn Monroe, le plus représenter dans le monde de la pop culture. On le retrouve souvent en une des magazines, en posters dans les chambres des ados...Son image lui a survécu, mais il est intéressant d'aller voir plus loin que cette image d'Epinal!

Je l'avoue, comme beaucoup, je ne connaissais que son image de bad boy au coeur tendre et peu de choses sur sa vie. Fan de cinéma, j'avais quand même vu deux de ses trois films, "La fureur de vivre" et "Géant". Ces deux-là sont d'ailleurs sortis après sa mort. Pour la petite anecdote, il est d'ailleurs le seul acteur à avoir été nominé aux Oscars à titre posthume. Le livre m'a donné envie de voir "A l'est d'Eden" mais de revoir les deux autres également. Je vous invite à en faire de même.

Chaque période de l'histoire est jalonnée par les destins hors du commun d'une poignée d'êtres humains. Par leur génie ou leur charisme, ils ont su s'imposer dans notre mémoire collective. Depuis l'invention du cinéma, nos idoles sont devenues des stars. Ce sont des étoiles que nous observons de loin avec émerveillement. James Dean, a été et demeurera une étoile filante. Car, de toutes étoiles qui brillent dans le ciel, la rareté et la fulgurance de leur apparition font, que ce sont celles qui brillent le plus et dont on se souviendra toujours!

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Extraits du livre de Philippe Besson "Vivre vite", morceaux choisis:


Mildred Dean, la mère de James Dean:

"Est-ce parce que l'on devine que le temps nous sera compté, que les belles années ne dureront pas, qu'on ne nous fera pas le cadeau de la vieillesse? Ou tout simplement parce qu'il faut se saisir de l'instant, sans réfléchir vraiment, comme on mord dans un fruit, parce qu'il nous fait envie, parce qu'il est appétissant, parce qu'on a soif?"


Winston Dean, le père de James Dean:

"Il aimait trop la vitesse, les sensations fortes, de toute façon. (...) Je me rappelais le sourire insouciant qui barrait son visage lorsqu'il me commandait de grimper à bord de la Chevrolet pour m'emmener au bowling. Il s'amusait à me faire peur, accélérait dans des embardées et riait de me voir si peu rassuré. Je ne doutais pas que ce sourire finirait, un jour, dans un amas de tôle froissées sur une routes de Californie."


James Dean:

"Un contrôleur me fait cadeau d'une tasse et d'une soucoupe frappées du logo du train. Je crois qu'il en offre à tous les enfants mais non, c'est seulement moi. Je n'aurai pas mis longtemps à découvrir la pitié qu'on réserve aux orphelins. Qui lui a appris que je transporte avec moi le cadavre de ma mère? Et si on ne lui a rien dit, alors ça se voit tant que ça, le malheur? Je pense qu'on ne survit pas à la mort de sa mère. Bien sûr, on continue à respirer l'air, à grandir, à sourire. Mais, on est mort à l'intérieur. ( ...) Un peu plus loin, sur le quai, quatre hommes débarquent le cercueil de maman. Elle a terminé son voyage."


Nathalie Wood, actrice avec lui dans "La fureur de vivre":

"Si je devais le résumer, je dirais tout simplement que c'était un garçon à part. Et insaisissable. On croisait sa route et, dès qu'on s'attachait à lui, il repartait. Le film a été un triomphe, mais Jimmy n'en a rien su. Il n'était déjà plus des nôtres."


Elisabeth Mc Pherson, son professeur au lycée:

"La Chevrolet roulait à vive allure sur des corniches, le long des falaises du Pacifique. Jimmy riait derrière ses lunettes de soleil. (...) L'été a filé, je ne l'ai pas vu s'enfuir. Quand septembre est arrivé, la fête était finie. J'ai souvent repensé à ces jours et, je me suis longtemps demandé si, ceux qui vont mourir, ont la prémonition que leur existence sera brève. Et si, du coup, cela les conduit à vivre plus intensément."


James Dean:

"Tout de même, il n'y a rien de mieux qu'un moteur qui vrombit et une voiture qui file à toute vitesse. (...) Je ne peux pas bouger. Je sens le métal de la Spyder dans mes jambes. Mon pied est coincé sous la pédale de freins. Une infirmière est penchée sur moi, elle cherche mon pouls, dit qu'elle ne le trouve pas. (...) Tu vois maman, j'avais raison, nous n'aurons pas été séparés longtemps."

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