Un peu d'histoire de la langue française



J'avais déjà réalisé le même type d'article, l'an dernier, sur le sens caché des mots et des expressions ( voir ici ). La langue française est tellement riche qu'il aurait été dommage de se contenter d'un seul article. J'ai donc décidé, aujourd'hui, de vous révéler certains mystères entourant d'autres mots et expressions du langage courant tel que, copain ou coquin ainsi, que des tournures de phrases un peu plus désuètes comme, compter fleurette ou prendre la poudre d'escampette. Je vous invite à me suivre dans ce petit cours d'histoire du vocabulaire.


Le mot copain tire son origine du mot pain, de là à dire que tous les boulangers sont nos copains, rien n'est moins sûr! En fait, l'histoire du mot copain est étroitement liée à celle de l'introduction de l'assiette sur les tables des foyers français. En effet, il faudra attendre le 17ème siècle pour voir apparaître l'assiette comme un ustensile commun du service de table. Avant cela, le plus souvent, on se servait de grosses tranches de pain en guise de plat. Et si parmi l'assistance, un bon camarade n'avait pas de pain, on se faisait un devoir de partager avec lui une tranche de pain, nécessaire pour pouvoir s'attabler et manger correctement. Par la suite, au 18ème siècle, le mot copain est devenu celui que l'on emploi encore aujourd'hui. Il désigne une personne de notre entourage que l'on apprécie particulièrement. Rien de mieux finalement d'avoir un bon copain avec qui partager un bon repas et un morceau de pain!


Le mot coquin est un dérivé du mot coquille, mais pourquoi donc? L'origine de ce mot remonte au 15ème siècle et plus précisément de la période où les rois catholiques espagnols, Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille firent du pèlerinage de St Jacques de Compostelle, un parcours incontournable de la vie d'un fervent catholique. Ainsi, ce voyage devint pour tous les croyants le chemin spirituel essentiel à l'accomplissement de leur foi catholique. Nombreux furent ceux qui s'élancèrent dans ce périple. Les villes étapes et les gîtes d'accueil pour les pèlerins connurent alors un grand essor. Et si les routes se remplissaient de voyageurs, elles attiraient également les voleurs en tout genre. Les pèlerins étaient des proies faciles. Certains brigands se déguisaient parfois en faux mendiants, arborant fièrement une fausse coquille de pèlerin, afin de tromper leurs victimes. Ces voleurs furent alors surnommés "les coquins" car, ils sévissaient essentiellement sur le trajet de Saint Jacques de Compostelle, dont le symbole est la coquille st jacques. Par la suite, le mot s'est éloigné de son sens initial. De nos jours, il a un sens beaucoup plus léger. Il désigne généralement, une personne malicieuse ou espiègle.


L'expression compter fleurette, qui est assez désuète, je vous l'accorde, mais qui m'a toujours plu. On devrait cette expression au roi Henri IV. Ce roi, surnommé le "ver galant", était connu pour son goût prononcé pour la gent féminine. Il aimait séduire et être séduit. Et, la première qui fit battre son coeur, aurait été une jeune fille prénommée Fleurette. Il usa de tout son charme pour la séduire. Par la suite, l'expression dériva vers la fleur que l'on effeuille, comme la jeune femme dont on ôte les habits un à un. De nos jours, le terme que l'on emploi le plus souvent est le mot flirt, ou flirter, qui vient de l'anglais mais, dont l'origine est finalement le mot, fleur et donc le prénom Fleurette. Aujourd'hui, il s'agit d'une marque de crème fraîche, toute la poésie d'un tel prénom se retrouve désormais dans les frigos des grandes surfaces! Hélas, la magie de la langue française ne touche pas tout le monde de la même manière.


L'expression prendre la poudre d'escampette est une de mes expressions préférées de la langue française! Petite, j'imaginais qu'il existait une poudre un peu spéciale, aux vertus merveilleuses, qui permettait de disparaître loin vers un pays enchanteur. Plus tard, on m'a dit que ça s'appelait de la drogue, j'ai été très déçue! C'est vrai que ce genre de définition peut prêter à confusion selon l'âge à laquelle on la dit. Toujours est-il que je rêve encore parfois que cette poudre magique existe et, je pense d'ailleurs qu'elle existe. Il s'agit en fait du sable que le marchand de sable dépose sur nos yeux avant que l'on s'endorme. La preuve, au réveil, on a toujours les yeux collés avec des petites miettes aux coins des yeux. Voilà ma définition de la poudre d'escampette. Elle vaut ce qu'elle vaut! La vrai explication est tout aussi intéressante!

Cette expression viendrait du mot italien "scampare" qui signifie décamper, partir précipitamment. Quand à la poudre, il s'agirait de la poudre qu'utiliser les artilleurs lorsqu'ils chargeaient les canons. Vu la faible portée des armes, il leurs fallait régulièrement retourner à l'arrière du front pour récupérer la poudre que l'on tenait éloignée des premières lignes par mesure de sécurité. Parfois, selon la tournure que prenait le combat, les artilleurs ne revenaient tout simplement plus à leurs postes, ils avaient déguerpis avec la poudre d'escampette. L'expression serait également d'origine médicale. Au 17ème siècle, de nombreux charlatans proposaient aux malades des poudres miracles censées les guérir. Ils se faisaient payer grassement puis, s'enfuyaient aussitôt, sans attendre les effets de leurs poudres. A chacun sa poudre d'escampette, moi, je choisis celle des rêves et du marchand de sable!


Les mots Morbleu, parbleu ou sacrebleu, seraient à l'origine des jurons blasphématoires. Il s'agirait de maudire Dieu sans le citer et donc, éviter de s'attirer ses foudres! On remplaçait alors le mot Dieu par bleu. Il existe la même chose en italien, à ceci prêt que dans le langage parlé, on remplace le mot Dieu par un mot commençant par la lettre d. Par exemple, "putain de dieu" se dira "putain de deux". Nos cousins québécois emploient, eux, le mot "tabernacle" ou plutôt "tabarnacle"qui rappelle un objet religieux. Au Québec, les jurons faisant référence à la religion sont d'ailleurs nommés "les sacres". Sacrés québécois!

Et chez moi, dans le Sud Ouest, on dit "milladiou" ou "boudiou"! Et vous vous dites comment?


J'espère que ce petit article sur l'origine des mots et expressions de notre belle langue vous aura appris de nouvelles choses. Ce fut un plaisir de partager cela avec vous. N'hésitez pas à me laisser un commentaire ou à vous abonner à ma newsletter. Sinon, rejoignez moi sur ma page facebook ici. A bientôt!

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