Aux origines de la couleur

Aujourd'hui, j'ai décidé de vous parler de la couleur ou, plus exactement, de son histoire, de ses codes et de sa symbolique. Notre univers possède une grande variété de coloris, pour le plus grand plaisir de nos yeux, surtout au printemps, où les fleurs de nos jardins et les motifs de nos vêtements se débarrassent de la grisaille hivernale. Mais, d'où viennent toutes ces couleurs, comment ont-elles trouvé leurs places parmi les hommes et quelles symboliques les accompagnent et bien, suivez-le guide, je vais vous le faire découvrir.

Que vous soyez artistes peintres, modistes, coiffeurs ou paysagiste, les couleurs vous accompagnent partout. Elles sont également présentes dans la signalétique qui nous environne, panneaux de circulation, notices d'utilisation, télécommandes, logos, packaging commercial et bien d'autres. Il est intéressant de se demander pourquoi et quelle impact ont-elles sur notre perception au quotidien?

A l'origine, les couleurs ont été introduites dans nos cultures comme les vecteurs essentiels des messages religieux ou politiques. Très tôt, les classes dirigeantes ont compris l'impact et la symbolique des couleurs. Dans le monde occidental, dès l'Antiquité, les couleurs avaient une grande importance. Elles étaient très présentes aux frontons des monuments. Il s'agissait avant tout de montrer sa richesse et sa puissance aux éventuels adversaires. Elles avaient aussi un rôle mystique et servaient à décorer les tombeaux ou les masques funéraires, comme ce fut le cas, notamment chez les égyptiens. En France, il faut attendre le Moyen-Âge pour que l'on se décide à utiliser les couleurs. Mais, la palette est très restreinte, composée seulement de trois couleurs : le blanc, le noir et le rouge. Ce n'est qu'au XIIème siècle que l'on vit apparaitre dans l'iconographie chrétienne : le bleu.

Cette couleur, associée au ciel, avait une symbolique divine par nature. Elle fut alors beaucoup utilisée, notamment sur les vitraux pour évoquer le monde divin. Elle devint alors la couleur vestimentaire de la Vierge, originellement vêtue de blanc. Le succès de la couleur bleu est tel qu'une partie de la population va pouvoir s'enrichir en commercialisant le bleu. Le lapis lazuli italien, trop cher, fut remplacé par le bleu de pastel. Cette plante jaune fit alors le bonheur des cultivateurs du sud-ouest de la France, ainsi baptisé le pays de cocagne. (la cocagne étant la forme ronde donnée à la fleur de pastel écrasée et, qui par la suite,Q permettait d'obtenir par macération la teinte bleu pastel.) Le pastel sera ensuite supplanté par l'indigo, venu d'Amérique, dont la culture était plus rentable. Le bleu fut alors associé à la royauté qui se présentait comme descendant du droit divin. A l'époque napoléonienne, l'empereur choisit le bleu pour colorer les uniformes de ses troupes. Un bleu foncé intense qui permis, pour un temps, de relancer la culture du pastel. Passons maintenant à une couleur chaude symbole de passion, le rouge.

Très longtemps, et ce depuis l'Antiquité, le rouge était associé à la puissance militaire et politique. Les centurions et les empereurs arborés fièrement des capes rouge. (de nos jours superman s'en est fait une cape et un slip, à chaque époque ses héros!) Les cardinaux aussi choisirent le rouge pour asseoir leur toute puissance. Il s'agissait également d'évoquer le sang du Christ versé alors qu'il était supplicié sur la croix.Il faudra attendre la Renaissance pour que le rouge soit associé aux femmes et à la passion amoureuse. Par la suite, le rouge évoluera vers le rose qui, de nos jours, est souvent associé à l'univers féminin. Les produits marketing l'ont bien compris et s'en servent régulièrement pour s'adresser à un public de femmes, notamment, la couleur des rasoirs ou des brosses à dents pour les filles/femmes, contrairement aux produits masculins plutôt bleu. Il y a aussi le violet, un peu dans la même teinte, qui sert souvent pour les emballages de produits dits "allégés" qui s'adressent bien souvent toujours aux femmes. Au temps des révolutions russes, le rouge deviendra la couleur du parti communiste et des mouvements de contestations en général. Il symbolise la rage des peuples et le sang versé pour la cause! Il est rare de voir un portrait du Che Guevara sans une touche de rouge.

La couleur qui a une mauvaise réputation, c'est bien le jaune. Il est en quelque sorte le vilain petit canard de la bande. Symbole de maladie car il rappelle le teint cireux des malades, il est aussi associé à une maladie du foie, la jaunisse. Il est aussi dans l'univers floral le symbole de la trahison. On parle souvent de jaune "cocu" et il est déconseillé d'offrir des roses jaunes à la personne aimée. Il faudra attendre le mouvement des peintres impressionnistes, notamment Vincent Van Gogh, pour remettre sur le devant de la scène cette couleur maudite. Pourtant en Asie ou chez les peuples mayas, ou incas, le jaune était le symbole de l'or, de la puissance, de la richesse. Il apportait la chance et la fertilité. Les empereurs étaient très souvent vêtus de jaune ou de pièces de vêtements brodés de fil d'or afin d'affirmer leur grandeur. Ils accordaient également une grande importance au soleil. Leurs coutumes, leurs sacrifices, le lieu pour ériger un temple, tout se faisait en fonction de l'astre du jour tant vénéré. Le divin, pour eux, ce n'était pas le bleu du ciel mais, le jaune du soleil. Quoiqu'il en soit, cela se passe toujours au-dessus de nous. Pourtant, nos fameux ancêtres les gaulois n'avaient qu'une peur, que le ciel leur tombe sur la tête. Ah, les us et coutumes de l'humanité, une vaste complexité!

Quand au noir et au blanc, le débat sur le fait que ce soit ou ce ne soit pas des couleurs reste ouvert et je ne souhaite pas y prendre part, je vous laisse juge. Tout ce que je sais, c'est que le noir a très longtemps était le symbole de la mort et du démon. A titre d'exemple, en signe de deuil, nous portons généralement en Occident du noir. En Asie, c'est le blanc, en Iran le bleu...

De nos jours, le noir est un signe d'élégance dans le monde de la mode. Il est aussi très apprécié pour ses vertueux amincissantes, un pantalon noir, affine toujours plus la personne qui le porte qu'un vêtement blanc. Ah! le dictat de la mode et des régimes!

Le blanc, pour finir, fut un temps associé au deuil des reines, qui se devaient de vénérer la mémoire de leur époux royal avec cette couleur. Les rois, eux, devaient être en violet. Le blanc reste tout de même associé à la paix et la virginité et, il est utilisé pour la robe des mariées. Pourtant, ce ne fut pas tout le temps le cas. Ce fut la reine Victoria qui, au XIXème siècle, choisi, pour la première fois, de se marier en blanc. La tradition voulait que les femmes se marient en rouge. Une fois la mode lancée, toutes les jolies jeunes femmes portèrent des robes d'une blancheur immaculée. Comme quoi, il suffit d'une fois pour changer le cours du code couleur en vigueur. Encore faut-il être la reine d'Angleterre!

Voila, j'espère que ce rapide tour d'horizon de la palette de l'histoire des couleurs vous aura permis de voyager dans le temps et d'apprendre des choses. Si le sujet vous a plu et que vous souhaitez l'approfondir, le vous conseille une petit livre très intéressant et peu cher, moins de 10euros, "Le petit livre des couleurs" de Michel Pastoureau et Dominique Simonnet aux éditions du Point. Et n'hésitez pas à me suivre sur ma page facebook ici.

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