Niki de Saint Phalle, "la perfection est froide, l'imperfection donne la vie et j'a


  •     Autodidacte, dotée d'un fort caractère et d'un formidable appétit de vivre, Niki de Saint Phalle fait partie de cette nouvelle vague d'artistes qui, à partir des années 60, a révolutionné le monde de l'art contemporain. Elle revendique une certaine liberté de création, de style et de mode de vie. Féministe engagée, féminine affirmée, elle fut de tous les combats intellectuels et sociétaux de son temps. Luttant pour l'égalité des races et des sexes, elle aime affirmer dans ses créations sa vision du monde, conférant à son oeuvre, une lecture politique tout à fait novatrice. Identifiée comme la figure féminine d'un groupe d'artistes émergents, les Nouveaux Réalistes, elle côtoie Pollock, Dubuffet, Warhol...

    A l'instar des impressionnistes et des cubistes qui l'ont fait avant eux, ils choisissent de s'affranchir des codes et des diktats, ils refont le monde selon leur propre vision. Ceux que l'on appellera plus tard : les artistes du "Pop Art" se veulent à la fois accessibles au plus grand nombre mais, également, servir d'exutoire ou de thérapie pour eux-mêmes. Ainsi, leurs oeuvres sont, à la fois, éminemment populaires et très personnelles.

  • Niki, elle, elle aimait la couleur, les formes arrondies, les ambiances psychédéliques. Lorsqu'on lui demandait pourquoi elle dessinait ou sculptait des corps ronds et volumineux, elle expliquait : " J'aime le rond, les courbes, l'ondulation. (...) Je n'aime pas la symétrie, j'aime l'imperfection. Mes cercles ne sont jamais tout à fait ronds. C'est un choix, la perfection est froide. L'imperfection donne la vie et j'aime la vie !"


   Oui, Niki aime la vie, elle aspire au bonheur. Ce qui est devenu sa quête spirituelle, son objectif de chaque instant. Pourtant, de son enfance, elle garde des souvenirs difficiles, et une certaine tristesse jamais totalement apaisée. Niki, de son vrai nom, Catherine Marie Agnès Fal de Saint Phalle, est née à Neuilly sur Seine, en 1930, d'une mère américaine et d'un père français. La famille paternelle est à la tête d'un important groupe financier. Mais, la fortune familiale s'écroule après le Krach boursier de 1929. Niki, surnommée ainsi par sa mère, arrive donc dans une famille ruinée, elle se définira comme une "enfant de la dépression", du nom de la Grande Dépression qui définit l'année 1929. Sa famille nombreuse, son père a six frères, et elle-même est issue d'une fratrie de cinq enfants, déménage à New-York, peu de temps après sa naissance. Mais, ses parents la délaissent au profit d'une vie mondaine. Elle sera élevée par une nourrice surnommée "Nana".

    A l'école du Sacré Coeur où elle suit sa scolarité, elle s'intéresse surtout au dessin. Dès l'âge de six ans, elle réalise des dessins complexes avec d'innombrables courbes, semblables a ceux des peuples "primitifs". Mais, un jour, pour manifester sa colère, elle s'est mis à peindre en rouge le sexe de toutes les statues de son école. Elle n'a que 11 ans et, elle est renvoyée de l'établissement. Plus tard, elle expliquera son geste, son père l'avait violée. Cette immense blessure, elle essayera de s'en soulager en réalisant de nombreux dessins, et des sculptures qui symbolisent la destruction de la figure paternelle. Longtemps, elle en voudra à sa mère de ne pas l'avoir protégée!

  • L'art se transformera alors pour elle en exutoire. Et, tout au long de sa carrière, elle n'aura de cesse de se servir de ses pinceaux, de ses doigts, et de sa créativité pour exprimer ses idéaux, et être utile à la cause qu'elle entendait défendre. Ainsi, elle s'engagea dans le combat féministe, réalisant des portraits de femmes et des sculptures monumentales voluptueuses et érotiques. Elle libère le corps féminin des diktats de la mode, elle met en avant les femmes rondes qui ont des formes.

    Ses courbes symbolisent la vitalité, l'énergie. Chacune de ses "nana", comme elle les avait baptisées, ont un pied en l'air synonyme de légèreté. Elles sont en mouvement et respirent la joie de vivre. Elles sont souvent vêtues de maillots de bain très colorés, les motifs sont souvent des fleurs ou des coeurs. Cette sorte de danse n'est pas sans rappeler "la Ronde" de Matisse ou son célèbre tableau au titre évocateur "Luxe,calme et volupté".


  •     Les figures féminines de Niki ont également une couleur de peau différentes. Ainsi, toutes les femmes dans leur universalité sont représentées. D'abord dessinées, ses "Nanas" deviendront des statues monumentales présentes dans de nombreux jardins publics, et les musées du monde entier. Notamment, au Musée Guggenheim, à Bilbao ou, devant le Centre Pompidou, à Paris.

   Elle aime se présenter ainsi " Bonjour, je suis Niki de Saint Phalle et je fais des sculptures monumentales." A l'instar de Gaudi, un artiste dont elle admirait le travail en milieu urbain dont, ses villas et son Parc (le Parc Guell) réalisés pour la ville de Barcelone, elle réalisera également du mobilier urbain, fontaines, parcs pour enfants... Elle s'intéressera, aussi, au recyclage permettant à de nombreux objets ou matériaux d'être réutilisés.

    Résolument visionnaire, elle n'hésitera pas à utiliser des matières et des techniques nouvelles tout au long de sa carrière. Elle mourra, en 2002, d'une maladie pulmonaire contractée au cours de la création de ses statues en polyester. Une exposition trop forte et trop répétée aux gaz toxiques qui s'en dégageaient lui sera fatale.

  • Elle laisse derrière elle, plein de projets et, un corpus de créations phénoménal. En 50 ans de carrière, jamais elle ne cessa de créer, sa vie c'était son oeuvre, son oeuvre c'était sa vie.


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