Le charme so mystérieux des séries tv britanniques


Alors que je n'ai jamais été une grande fan des cours d'anglais pendant ma scolarité, j'avoue apprécier véritablement les sujets de sa majesté Élisabeth II! J'aime leur humour décalé, leur charme naturel, leur calme apparent, mais aussi, leur musique, leur littérature, leur cinéma et... leurs séries tv! Grâce à la richesse de leur culture pop(ulaire), les britanniques sont parvenus à s'imposer sur le petit écran. Ils peuvent, sans rougir, se confronter aux séries américaines qui inondent le marché depuis longtemps. Ils sont parvenus à faire des petits bijoux télévisuels, autant de beaux joyaux qui viendront orner la, déjà très lourde, couronne de la Reine. Je vous invite donc à découvrir l'univers britannique à travers le prisme de la télévision.

J'ai commencé par découvrir le charme désuet des séries britanniques en regardant "Chapeau melon et bottes de cuir". Cette série datant des années 60 (elle a duré 8 ans de 1961 à 1969) mettait en scène un couple d'espions : John Steed et Emma Peel. Lui portait un costume très élégant qu'il ne quittait jamais, même lorsqu'il devait se battre et, elle, elle avait des tenues psychédéliques très sexy aux couleurs flashy. Chaussée de ses fameuses bottes de cuir, elle affrontait les méchants avec des prises de karaté assez déroutantes, autant pour ses adversaires que pour les téléspectateurs. Le charme de cette série, digne héritière de James Bond, résidait dans l'emploi d'une multitude de gadgets, de personnages loufoques, dont Mère-Grand, le chef des espions, un moustachu corpulent assis dans une fauteuil roulant poussé par une blonde qui ne parlait jamais, des méchants fous furieux, des engins et des robots futuristes, des décors de cartons pâte et parfois des sorties dans la campagne anglaise à bord de superbes voitures anciennes, britanniques bien-sûr! Le concept du duo masculin/féminin témoignait d'une certaine modernité d'esprit, plaçant l'homme et la femme sur un pied d'égalité. Emma se battait autant que John, parfois, il venait à son secours parfois, c'était l'inverse et, la tension amoureuse entre eux ajoutait la touche de piquant. John Steed sera présent tout le temps que dura la série, Emma Peel fut remplacée par Tara King puis, par Purdey. Mais, dans le coeur des fans, comme dans le mien, Diana Rigg, l'interprète de Madame Peel, restera la number one!!



Les britanniques ont très vite su s'adapter aux tendances du moment et s'inspirer du contexte politique. Les années 60 constituaient une période faste et colorée, les Beatles étaient au sommet de leur art alors, les séries s'en faisaient l'écho. Cette période fut également marquée par la guerre froide, d'où la création de nombreuses séries sur la thématique de l'espionnage. Les sixties constituent également un formidable terreau à la créativité, dû, en grande partie, au succès d'un nouveau courant littéraire, la science-fiction. Ainsi, de nombreuses séries s'en sont inspirées dont "Thunderbirds, les sentinelles de l'air" diffusée à la télévision entre 1965 et 1966.


L'originalité de cette série vient de l'emploi de marionnettes qui font office de personnages principaux. Les personnages, tous masculins sauf, la belle Lady Pénélope, sont des espions qui pilotent des avions et assurent de nombreuses missions. Leur base, située sur une île, constitue un véritable arsenal, les avions décollent depuis un faux volcan qui s'ouvre au moment opportun. Puis, il y a eu une série révolutionnaire dont, je vous ai déjà parlé dans un article précédent, (que je vous invite à relire ici) le "Docteur Who".


Cette série constitue un savant mélange de science fiction et d'histoire puisque, le personnage principal, voyage dans le temps. Et, la richesse de l'histoire britannique permet de créer de nombreux scénarii sans jamais avoir à se répéter. Les britanniques ont également la chance d'avoir dans leur littérature des personnages emblématiques connus du monde entier, notamment, les célèbres détectives, Sherlock Holmes ou Hercule Poirot. Grâce à ce vivier de personnages déjà existants, les créateurs de séries tv ont à leur disposition des idées quasi toutes prêtes. L'espion crée par Conan Doyle fera d'ailleurs l'objet de plusieurs séries. D'abord, une en 1951, avec Alan Wheatley,, dans le rôle du détective. Cette série en 6 épisodes de 35 minutes est jouée en direct à la télévision et n'est pas enregistrée : elle sera donc perdue à jamais. Ensuite, entre 1964 et 1968, deux séries verront le jour avec deux interprètes différents, Douglas Wilmer et Peter Cushing. Dans les années 80 et 90, c'est l'acteur Jeremy Brett qui prête ses traits au détective. Il faudra ensuite attendre les années 2010 pour voir apparaître un nouveau "Sherlock", plus moderne et plus torturé sous les traits de Benedict Cumberbach.


Comme pour le renouveau de Docteur Who, c'est le scénariste, Steven Moffat, qui à redonner vie à ce personnage si célèbre. Plus d'infos sur la série dans la rubrique les séries à voir ici. Pour ce qui est d'Hercule Poirot, son interprète inégalé reste l'excellent acteur David Suchet, qui a joué le rôle entre 1989 et 2013.


Les séries britanniques brillent donc par leur faculté d'adaptation aux tendances, leur capacité à réutiliser l'histoire de leur pays et la richesse de leur littérature mais également, par une facilité remarquable à retranscrire le réel. Autant, l'univers de nos voisins britanniques a, parfois, tendance à se complaire dans le loufoque, autant, ils sont capables de faire des fictions ancrées pleinement dans une réalité froide, poignante et criante de vérité. S'inspirant du cinéma social de Ken Loach, les séries britanniques proposent en effet, depuis quelques années maintenant, des oeuvres télévisuelles d'une grande intensité et d'une remarquable justesse. "Broadchurch" est la série par excellence qui a ouvert la voie en matière de série policière au ressort psychologique fort.


Cette série, dont je vous parle également dans la rubrique séries à voir ici, met en scène un fait divers macabre, le meurtre d'un petit garçon dans une petite ville côtière du sud de l'Angleterre. Tous les habitants se connaissent, tous sont de potentiels suspects, le suspens est a son paroxysme tout au long des épisodes. Le scénario, le casting, la mise en scène, tout est parfaitement exécuté, le crime est parfait, la série est exemplaire. Je vous invite à découvrir cette série, dont la troisième et dernière saison sera prochainement diffusée par la BBC avant d'arriver en France sur France 2. Parmi les nouvelles séries dans le même genre, "Unforgotten", qui va passer sur France 3 dès le 24 Novembre est de la même qualité.


Il s'agit d'un duo de policiers, homme et femme, confronté à la découverte d'un squelette dont le meurtre remonterait à une trentaine d'années. La série a connu un grand succès outre-Manche en 2015. Une deuxième saison a d'ailleurs été commandée. Il y a aussi, toujours dans le même registre, la série policière "Happy Valley" avec une policière sur les traces d'un tueur en série. Et, dans les fresques historiques, les séries du moment, sont "The Crown", mettant en scène la vraie vie de la reine Élisabeth II, et "Victoria", qui évoque la longue vie de la Reine Victoria. Ce sont des bijoux à ne pas rater.



J'espère que cette immersion dans l'univers du petit écran britannique vous aura permis d'en savoir plus sur ce que regardent nos voisins grands-bretons quand ils sont dans leur canapé. Il ne tient qu'à vous de vous mettre à la mode anglaise en allumant votre télévision.

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