Hommage à huit femmes d'exception!


Le 8 Mars est la date qui a été choisie, depuis quelques années maintenant, pour fêter les femmes et mettre en lumière leur lutte légitime pour l'égalité de leurs droits avec ceux des hommes. Mais, cette quête d'égalité, cette envie de reconnaissance, cette volonté de se hisser au même niveau que les hommes, a depuis toujours conduit de nombreuses femmes à s'opposer à la destinée qui leur était, de facto, imposée. De tout temps, les femmes ont cherché à se faire une place dans un monde dominé par le patriarcat. Nombreuses furent celles qui eurent le courage de s'émanciper par leurs propres moyens. Parmi toutes ces femmes pionnières, j'ai décidé de vous en présenter huit en particulier. Tour à tour, vous allez découvrir par ordre chronologique, Christine de Pizan, Olympe de Gouges, Alexandra David Néel, Mary Pickford, Amelia Earhart, Homai Vyarawalla, Niki de Saint Phalle et Nina Simone. Mon choix s'est porté sur des femmes peu connues du grand public ou dont on ignore en grande partie le parcours et l'engagement. Chacune dans leur domaine, elles ont su apporter leurs pierres à l'édifice encore fragile du féminisme. Elles ont contribué à faire évoluer les mentalités à des époques parfois très lointaines comme, la première d'entre elles, Christine de Pizan, une femme qui a vécu au XIV ème siècle.

Christine de Pizan est la première femme écrivain connue qui a pu vivre de sa plume. Sa notoriété, elle la doit aux nombreux manuscrits, signés de sa main, qui ont eu la chance d'avoir été conservés et ainsi de nous être parvenus. Son oeuvre la plus célèbre est "la cité des dames". Née en Italie à Venise en 1364, elle grandit dans une famille bourgeoise. Son père est médecin et astrologue dans la cité ducale puis, il va partir en France travailler à la cour du roi Charles V. Dotée d'une grande intelligence, son père choisira de partager son savoir avec elle plutôt qu'avec ses deux fils. Comme les jeunes filles de bonne condition, elle apprend la lecture, la poésie et la musique. Le fait qu'elle soit bilingue en français et en italien lui ouvre un vaste univers littéraire. Elle s'intéresse aux sciences, à la médecine et à tout ce qui touche à la connaissance. Si Christine décide de prendre la plume et d'embrasser une carrière d'écrivain, c'est tout d'abord par nécessité. En effet, les morts successives de son père puis, de son époux, la plongent dans un grand désarroi. En plus du chagrin, elle doit faire face aux ennuis financiers. Veuve, elle se retrouve à la tête d'une famille sans plus aucun homme pour assurer leur existence. Sa mère est âgée et, en plus de ses trois enfants, elle a également une nièce à s'occuper. Ayant gardé de bonnes connaissances à la cour, elle décide d'écrire des poésies puis, des oeuvres en prose. Son style plaît et elle obtient des commandes de textes. De nombreux princes et autres personnalités de la cour la sollicite. C'est une période ou la poésie et la littérature courtoise connaissent un grand succès dans les cours européennes. Christine sera une auteur reconnue de son vivant. Contemporaine de Jeanne d'Arc, elle bénéficie à cette époque de la même notoriété. Mais, elle ne s'en tiendra pas seulement aux écrits qu'on lui commande. Elle va écrire deux grandes oeuvres destinées aux jeunes filles, "la cité des dames" et "le livre des trois vertus à l'enseignement des dames" en 1405. Ce sont les premiers livres qui défendent des valeurs féministes. Il y est question de rendre accessible le savoir à toutes les femmes et de les libérer par l'esprit et la connaissance. Elle a l'ingénieuse idée de recenser les femmes qui se sont illustrées dans le domaine des sciences ou des arts et de les présenter en modèle pour inciter les jeunes femmes à s'en inspirer. Une féministe avant l'heure! Je vous invite à découvrir sa vie grâce à un film italien, "Christine, Cristina" sorti en 2010, dont voici la bande-annonce. Le film doit être disponible en français ou sous-titré.



Olympe de Gouges est une femme de lettre française née en 1748 et morte guillotinée en 1793. Influencée par les idées révolutionnaires, elle devient, par la force des choses, le porte-parole des femmes et des idéaux du siècle des Lumières. Fille d'un maître boucher et d'une fille d'avocat de Montauban, Olympe est mariée très jeune à un riche montalbanais de 30ans son aîné. Veuve assez jeune, elle quitte le sud de la France pour rejoindre sa soeur à Paris. Elle choisit de rester veuve et de ne pas se remarier afin de conserver la liberté de pouvoir écrire sans demander l'autorisation à son époux. Très vite, elle s'impose dans les salons parisiens par sa beauté et par son goût pour les textes et le théâtre. Elle devient une courtisane influente et monte son propre théâtre. Elle écrit et joue ses textes. Son indépendance de ton et de moeurs lui attire les foudres de certains. Lorsque la Révolution française éclate, elle a déjà fait son propre cheminement intellectuel. Elle s'est intéressée à la cause des esclaves noirs. Elle se range alors du côté des abolitionnistes et soutient des hommes tels que Lafayette ou Mirabeau. Elle profite de l'ère révolutionnaire pour proposer dans des journaux des réformes sociales en vue d'améliorer la condition des femmes. Soutenue par le Marquis de Condorcet, elle rejoint le club des girondins. Elle souhaite pouvoir assister aux débats politiques. Elle revendique le fait que ce sont les femmes qui ont été cherché le roi à Versailles. Les femmes sont autant que les hommes dans les barricades. Elle rédige alors en 1792 , la "Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne". Hélas, les décisions se prennent sans les femmes. Olympe de Gouges proclame alors haut et fort "La femme a le droit de monter sur l’échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la Tribune." Hélas, son cri de révolte sera, lui bien entendu. Car, après avoir dénoncer les exactions des révolutionnaires montagnards qui ont instauré le régime de la terreur, un tribunal la condamne à mort pour avoir soutenu un discours anti-républicain. Au moment de son exécution, elle est reste digne. Ce qu'il faut retenir de cette féministe engagée c'est qu'elle a exhorté les femmes à se révolter, à s'unir et à se battre pour leur droit : " Les femmes n’ont jamais eu de plus grands ennemis qu’elles-mêmes. Rarement on voit les femmes applaudir à une belle action, à l’ouvrage d’une femme."


Alexandra David Néel est une aventurière française qui a eu un destin hors du commun. Esprit brillant, femme de lettre et féministe, elle a suivi son idéal avec l'énergie d'une combattante qui l'a menée à vivre une longue existence. Les voyages forment la jeunesse et semblent lui avoir donné le secret de l'immortalité! Elle a vécu jusqu'à plus de 100ans. Franco-belge, elle grandit en Belgique où ses parents avait fuit le règne de Louis-Philippe. Son père est un instituteur, anarchiste et franc-maçon. A ses côtés, elle développe un goût prononcé pour la liberté et l'engagement politique. Afin qu'elle s'émancipe et se cultive, son père l'inscrit au Conservatoire royal de musique de Bruxelles où elle apprend le chant. Après avoir obtenu un prix de chant, elle part à Londres pour se familiariser à la langue anglaise et commencer une carrière internationale. Elle est ensuite embauchée entre 1895 et 1897 comme chanteuse lyrique à l'Opéra de Hanoï en Indochine. Elle revient ensuite en Europe, en France notamment, où elle participe en tant que rédactrice au journal féministe "La Fronde". Elle part ensuite chanter à Tunis où elle rencontre son futur mari, Philippe Néel. Il est ingénieur des chemins de fer en Tunisie. Elle s'installe avec lui et l'épouse en précisant qu'elle ne souhaite pas d'enfant. Elle espère poursuivre sa carrière de cantatrice tout en voyageant et sait très bien qu'avoir des enfants l'empêcherait de voyager. Fascinée par l'Orient, elle s'est convertie à 21ans au bouddhisme, elle décide de voyager seule. A partir de 1911, elle effectuera trois voyages en Inde. Mai, pour le troisième, au lieu de partir 18 mois, elle s'absentera pendant 14ans! Elle visitera l'Inde, la Corée, le Japon, le Tibet. Pendant son voyage, elle va rencontrer un jeune moine qu'elle finira par adopter. Elle sera ensuite initiée à la langue et aux écrits tibétains par un traducteur et directeur d'école, Lama Kazi Dawa Samdup. Il lui permettra de rencontrer le 13ème Dalaï-Lama. Après un long périple, elle parviendra à entrer à Lhassa, la capitale du Tibet en 1924. Elle est la première femme européenne à accomplir un tel exploit. A son retour en France, elle est devenue une héroïne et une aventurière qui fascine. Elle se met alors à écrire le récit de ses aventures. Elle devient une spécialiste du Tibet et du Bouddhisme. Elle est invitée partout pour participer à des conférences. Mais, très vite elle voudra repartir sur les routes pour approfondir ses connaissances du Taoïsme. Elle repartira à 69 ans en Russie, en Chine et au Tibet. Elle reviendra de son dernier voyage en avion alors qu'à 'époque de ses premiers voyages l'avion ne permettait pas encore de faire de tels périples. Elle souhaitait par son parcours pousser les jeunes filles à voyager, à sortir de chez elles, à bousculer leur confort citadin pour vivre l'aventure. Elle su vivre jusqu'au bout selon ses envies en suivant le chemin qu'elle avait défini comme sien, celui de la liberté. A sa mort, sa biographe et secrétaire, Marie-Madeleine Peyronnet, voyagea jusqu'en Inde pour jeter les cendres d'Alexandra dans les eaux du Gange.

Je vous conseille la lecture des ses livres de voyage, notamment, "Voyage d'une parisienne à Lhassa" publié en 1927.


Mary Pickford est une actrice et productrice canadienne. Elle fut l'une des premières stars hollywoodiennes du cinéma muet. Elle a côtoyé Charlie Chaplin et a été l'épouse de Douglas Fairbanks, le premier grand sex-symbol du cinéma. Surnommée, la petite fiancée de l'Amérique, elle fut régulièrement sollicitée pour aller encourager les troupes américaines. Fille d'un descendant d'une famille anglaise méthodiste et d'une mère catholique irlandaise, Mary va devoir très tôt travailler car son père alcoolique quittera assez rapidement le foyer avant de mourir d'une hémorragie cérébrale. Sa mère, son frère, sa soeur et elle deviennent alors comédiens et suivent des troupes théâtrales itinérantes jusqu'aux État-Unis. Par chance, alors qu'elle se donne six mois pour réussir à Broadway, elle est repérée tour à tour par les frères William C de Mille et Cécil B de Mille, futurs grands réalisateurs et producteurs. Très vite son style naturel et son sourire angélique séduisent les nouveaux réalisateurs du 7ème Art. Le cinéma n'en est qu'à ses tout débuts. Elle est embauchée pour tourner dans des films courts de comédie qui sont ensuite diffusés dans le Théâtres nickelodéons, les futures salles de cinéma. En fait, le cinéma est d'abord une attraction de foire. Les spectateurs se rendent dans des théâtres ou des chapiteaux de cirque pour assister à la projection de films. Les projecteurs sont semblables à des projecteurs de diapositives. Ils sont placés en face d'un drap tendu ou d'un panneau blanc qui sert d'écran. Plus tard, on ajoute un orchestre qui joue en direct la musique. Très vite Mary devient le visage de la femme la plus populaire des États-Unis. Son regard, ses longues boucles blondes passionnent les foules. Les hommes rêvent de l'épouser et les femmes de lui ressembler. C'est ainsi que va naître le phénomène de starification que l'on connait aujourd'hui. A cette époque, les personnalités ne sont pas aussi nombreuses, Mary devient à elle seule une attraction ambulante. Forte de ses 52 films, qui sont en fait des courts-métrages, et loin de se laisser dépasser par les évènements, elle a l'ingénieuse idée de signer en 1916 avec la Paramount Pictures, un contrat qui lui assure son indépendance. Elle a le choix des rôles et des films qu'elle tourne et peut partir à tout moment. Elle est assurée de recevoir un salaire record de 10 000 dollars par semaine. En 1918, elle décide de quitter les studios Paramount et s'associe avec d'autres vedettes du cinéma muet Charlie Chaplin et Douglas Fairbanks, qui est devenu son époux. Elle devient la première femme producteur indépendante. Mais, il y a certaine chose qu'elle ne parviendra pas gérer. Le phénomène de starification va très vite prendre de l'ampleur. Et alors qu'elle était en voyage de noces en Europe avec son comédien de mari, Douglas Fairbanks, elle fut littéralement piétinée par la foule. A Paris, comme à Londres, l'accueil fut proche de l'hystérie. Douglas Fairbanks était le chouchou de ces dames. Il jouait les personnages héroïques comme Zorro. Il était devenu le spécialiste des films d'aventure de l'époque, les films de capes et d'épées. Ils seront pendant les 17 ans que durera leur mariage, le couple star en Amérique. Ils eurent une grande influence, leurs réceptions réunissaient le tout Hollywood, l'écrivain Scott Fitzgerald, le scientifique Alfred Einstein et les comédiens tels que Chaplin ou Rudolph Valentino se pressaient chez eux. Mais, l'avènement du cinéma parlant mettra un terme à sa carrière, comme ce fut le cas de nombreux comédiens du muet. Leurs jeux trop expressifs, leurs mimiques qui surlignées les actions des films muets ne fonctionnaient plus avec le parlant. Après plus de 230 film, en 27 ans de carrière, Mary Pickford se retira du monde des paillettes. Elle finira sa vie alcoolique comme son père dans un grand dénuement. Elle s'éteindra loin des projecteurs des studios à 87ans. La façon dont elle sut mener sa carrière a fait d'elle l'une des premières femmes indépendantes dans le monde impitoyable des studios hollywoodiens. Par la suite, les studios ne permirent plus aux artistes de pouvoir gérer leurs carrières seuls. Nombreux furent ceux qui virent leur vie enchaînée aux grandes maisons de productions. Marilyn Monroe fut l'une de celle qui du subir la dure loi des studios sans jamais parvenir à s'en libérer. Elle fut alors la prisonnière d'une cage dorée!

Amelia Earhart n'est pas seulement la première femme à avoir traversé l'océan atlantique en avion, elle a été, au même titre que les hommes, une pionnière de l'aviation. Alors que les vols en avion sur des longues distances en étaient à leurs premiers balbutiements, elle n'a pas laissé aux hommes le soin de nous distancer dans cette nouvelle discipline. Contrairement à certains autres domaines comme les sciences ou les grandes institutions, je vous rappelle qu'en France, il a fallu attendre 1980 pour qu'une Femme, Marguerite Yourcenar, puisse être admise à l'Académie française, dans l'aviation, les femmes ont été présente dès le début. Grâce à Amelia, les femmes ont été impliqué dans l'aventure de l'aviation assez rapidement. Charles Lindbergh fut le premier homme à traverser l'océan atlantique en 1927, Amelia le traverse une première fois avec un co-pilote en 1928 et le traversera seule en 1932. Le fameux rêve d'Icare de pouvoir voler n'est pas seulement celui des hommes, les femmes aussi sont fascinées par le fait de s'élever dans les airs au-dessus des nuages. Ce qui tend à prouver, une fois de plus, que les hommes et les femmes sont les faces opposées d'une même pièce. Ils aspirent l'un et l'autre à des choses semblables. Amelia est une américaine née en 1897 dans le Kansas dans une famille d'avocats et de juges. Dès son enfance, il semble qu'elle ait eu un caractère bien trempé. Plutôt casse-cou, elle est assez sportive. Elle suit des études d'infirmière et d'assistante sociale. Elle aspire à son indépendance financière. A l'occasion d'un baptême de l'air, elle se prend de passion pour l'aviation. Elle se paye des cours de pilotage en travaillant et j'achète un biplan, jaune vif, qu'elle surnomme le Canary. En 1922, elle atteint l'altitude de 4 300m, un record pour une femme. Elle publie le récit de cet exploit qui a beaucoup de succès. Lorsque Lindbergh accomplit l'exploit de la traversée de l'océan atlantique en 1927, les éditeurs d'Amelia l'encouragent à relever le défi d'être la première femme à faire la même chose. Elle profite de cette opportunité pour tenter sa chance. Les éditeurs y voient un bon coup médiatique, elle, une façon de se distinguer des hommes et de se dépasser elle-même. A cette époque, les femmes sont déjà nombreuses à piloter. Après Lindbergh, cinq femmes se sont lancer sur ses traces. Elles ont toutes échoué et trois sont mortes, disparues en mer. En 1928, elle s'associe avec deux pilotes et traverse avec eux l'océan atlantique. Mais, elle regrette de n'avoir été que l'assistante qui a tenu le cahier de bord. Elle retentera sa chance seule en 1932. Partie de Terre-Neuve, elle arrive en Irlande du Nord après plus de 14h de vol. Son exploit est salué partout dans le monde. Elle accomplira plusieurs autres records, première femme à traverser les États-Unis en avion, à relier New-York à Los Angeles...Elle voudra effectuer le record de trop en 1937. Elle tentera de faire un tour du monde en passant par l'est avec un co-pilote. Son avion disparaitra sans qu'on ne le retrouve jamais. Elle venait d'avoir 40ans. Elle aurait pu faire encore de nombreux vols et accomplir de nombreux exploits. Elle a su ouvrir la voie à de nombreuses femmes, et leur prouver que rien ne leur était interdit, que les exploits n'ont pas de sexes, ce sont justes des victoires d'êtres humains qui ont suivi leur rêve jusqu'au bout!



Homai Vyarawalla est la personnalité la moins connue des huit femmes que je vous ai présenté ici. Elle est née à Bombay dans une famille d'origine parsie. Les parsies sont d'une origine, d'une ethnie et d'une religion différentes des indiens musulmans ou hindouistes. Ils partagent de lointaines origines avec les Perses d'Iran. Elle est issue d'une famille instruite de classe moyenne qui va lui permettre de poursuivre des études artistiques à l'Université de Bombay. Elle se rendra ensuite à Delhi où elle sera au coeur des bouleversements politiques que va connaître son pays dans les années 40. Très tôt elle s'intéresse à la photographie. Douée pour l'écriture, elle se lance dans une carrière de photo-journaliste. Elle est la seule femme, à son époque, à occuper un tel poste. Partageant les idées d'indépendance de Gandhi et Nehru, elle se rapproche des deux personnalités et va se lier d'amitié avec eux. Notamment, avec Nehru qu'elle va choisir comme le sujet numéro un de ses reportages. Elle a compris, bien avant tout le monde, que Nehru est l'homme de la situation, celui par lequel son pays va accéder à l'indépendance. En 1947, elle sera la témoin privilégiée de l'indépendance de son pays. Ses photographies seront diffusées dans le monde entier dans de nombreux journaux internationaux. Elle a eu une longue carrière et s'est éteinte à 98 ans. Avant de mourir, elle a eu le bonheur d'assister à une grande rétrospective consacrée à son formidable travail de photographe. En 2011, la National Gallery of Modern Art de Delhi lui a rendu un hommage national pour tout ce travail d'historienne. Elle a permis à son pays de s'enrichir d'images intemporelles des plus grandes heures de son histoire. Grâce à ses photographies, elle a immortalisé la mémoire collective d'une nation entière qui pourra être transmise aux générations futures.


Niki de Saint Phalle est une artiste issue du Pop Art. Son style unique et sa manière décalée de voir le monde et les femmes lui permettent de se démarquer de ses contemporains. Elle fut l'une des seules femmes à évoluer sur la scène internationale auprès d'artistes tels que Warhol ou Pollock. Autodidacte, dotée d'un fort caractère et d'un formidable appétit de vivre, elle faisait partie de cette nouvelle vague d'artistes qui, à partir des années 60, a révolutionné le monde de l'art contemporain. Elle revendiquait une certaine liberté de création, de style et de mode de vie. Féministe engagée, féminine affirmée, elle était de tous les combats intellectuels et sociétaux de son temps. Luttant pour l'égalité des races et des sexes, elle aimait affirmer dans ses créations sa vision du monde, conférant à son oeuvre, une lecture politique tout à fait novatrice. Identifiée comme la figure féminine d'un groupe d'artistes émergents, les Nouveaux Réalistes, elle côtoie Dubuffet, Soulages... C'est une artiste fascinante à plus d'un titre. J'ai déjà eu l'occasion de réaliser son portrait dans un précédent article. Je vous invite à le consulter ici pour découvrir ou re-découvrir qui fut cette grande dame.


Nina Simone est une personnalité qui m'a toujours fasciné. C'est tout d'abord une voix grave et rauque. C'est ensuite une pianiste remarquable aussi à l'aise dans le classique que le jazz, le gospel ou la soul. Mais, c'est aussi et surtout une combattante, une femme déterminée, elle fut le porte-parole des femmes, des noirs et de tous les laissées pour compte dans son pays et partout dans le monde. Aujourd'hui encore, l'association qu'elle a crée pour aider les jeunes femmes africaines à accéder aux études reste très active, notamment grâce à sa fille Lisa, qui a repris le témoin laissé par sa mère. Elle est de ces personnalités qui, par leur talent et leur force de caractère, ont contribué à changer le monde. Et en tant que femme, je ne la remercierais jamais assez. Ce sont des femmes comme elles qui nous ont appris à être libres et pour cette grande et belle raison, je ne pouvais pas faire autrement que de lui rendre hommage! Nina Simone, she puts a spell on us! (elle nous a jeté un sort, en référence à sa fameuse chanson, de nombreuses fois reprises "i put a spell on you") voici le nom de l'article que je lui ai consacré sur le blog il y a quelque temps déjà et que je vous invite à lire sur ce lien. Nina Simone a été celle sur qui j'ai eu envie d'écrire en premier car, il y avait chez elle une si grande humanité. Quand on regarde des vidéos de ses concerts, on voit à quel point la musique était au coeur même de sa vie. Lorsque j'entends sa voix, c'est son âme qui s'exprime. Ce qui se comprend facilement puisque, c'est grâce à cette voix, si particulière, et ce talent pour le piano qu'elle a réussi à se sortir de la misère et des quartiers défavorisés où elle a grandi. Pour faire la fierté de ses parents, elle caressait un rêve suprême, celui de devenir la première pianiste classique noire. Hélas, elle n'a jamais été admise au concours à cause de sa couleur. Elle a pu se produire partout dans le monde, elle a vendu beaucoup de disques mais, ce rêve d'enfance lui est resté interdit. Une des rares interviews en français qu'elle a faite avec Eve Ruggieri nous révèle cette tragédie. Devant les larmes de la chanteuse, on se rend compte de sa fragilité. Je vous invite à visionner ce document émouvant :

Nous les femmes, nous n'avons pas à rougir de notre histoire et de nos grandes héroïnes. Longtemps, on nous a caché ou dissimulé le nom de certaines grandes femmes. Sans doute par peur que leur parcours nous inspirent et que nous tentions à notre tour de nous émanciper. On a voulu nous maintenir dans l'ignorance et nous convaincre que notre place était celle que la nature nous avait attribuée. Une place de subalterne, une toute petite place à côté des grands hommes qui, eux, ont conquis des continents, qui ont accompli des exploits sportifs, qui ont voyagé dans des lointaines contrées, au péril de leur vie. Mais, je vous le dis avec fierté, nous aussi nous avons conquis les pôles, nous avons été archéologues, savantes, exploratrices, aviatrices, photographes, productrices, nous aussi nous avons eu des ailes pour voler, des yeux pour explorer, un esprit pour rêver et du courage pour réaliser nos rêves. Nous sommes parties de plus loin que les hommes avec un sacré handicap, celui d'être née de sexe faible. Mais, si ces huit femmes que je vous ai présenté sont parvenues à dépasser les limites, nous sommes toutes capables d'en faire autant. Comme le disait si bien Olympe de Gouges, le plus grand ennemi des femmes, ce sont les femmes elles-mêmes, car elles doutent de leur capacité. Il n'y a pas de sexe fort ou faible, il y a seulement des êtres humains qui cherchent le meilleur des chemins pour vire heureux et libres! Bonne journée du 8 Mars!



© 2020 Aux oubliettes de l'Histoire

Created with Wix.com

  • Facebook Black Round